L’étude structurale des contes

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Les recensements de contes ont mis à la disposition des savants des corpus importants, point de départ d’une étude scientifique.

Vladimir Propp est le plus connu parmi la lignée de scientifiques qui ont appliqué au conte une approche structurale. Vladimir Propp, né en 1865, était anthropologue et linguiste. Il s’est intéressé à tous les aspects de la culture populaire russe et a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels « la morphologie du conte ».

C’est surtout par la « morphologie du conte » que Vladimir Propp est connu du public français. Il s’est appuyé sur la collecte de contes russes réalisée par Afanassiev. Publié en 1928 en Russie,  sa traduction française date de 1965.  Cet ouvrage est écrit dans la lignée  du formalisme russe, s’inspirant de travaux de prédécesseurs (Joseph Bédier), citant Goethe et Linné.

Il repère les « fonctions », une fonction étant « l’action d’un personnage, définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue ». Propp identifie 31 fonctions, qui lui paraissent couvrir tout l’éventail des contes. Ces fonctions s’ordonnent dans les contes selon des séquences identiques. Les personnages des contes peuvent se regrouper en 7 types : l’agresseur, le donateur, l’auxiliaire, la princesse et son père, le héros ou l’héroïne, et le faux héros. Chacun de ces personnages a sa sphère d’action propre, où il ne peut accomplir que certaines fonctions qui lui sont propres.

Propp a ouvert la voie à de nombreux travaux, notamment de linguistes, de sémiologues… et fit l’objet de nombreuses critiques ; mais d’une façon générale son rôle fondateur a été reconnu ; il a été un pionnier pour prendre les contes populaires au sérieux et les juger dignes d’une étude scientifique.

Claude Lévi-Strauss a reconnu la parenté structuraliste de l’œuvre de Propp avec sa propre démarche, même si la discussion entre les deux savants tourna  rapidement en polémique.

Vladimir Propp, à travers la mise en évidence d’un prototype, était à la recherche du conte premier, qui serait à l’origine de tous les autres.

Algirdas Julien Greimas (1917-1992), sémiologue d’origine lituanienne a repris et poursuivi à sa manière, la démarche de Propp, en  réduisant les fonctions et en en accentuant le formalisme, dans son ouvrage Sémantique structurale : recherche de méthode (1966). Greimas se situe dans la mouvance structuraliste. Le « schéma actanciel » définit le récit, où les « actants » (sujet, opposant, adjuvant) mettent en oeuvre les fonctions à travers des éléments performanciels (les épreuves), contractuels, disjonctionnels, conjonctionnels…

Plus près de nous, Marie-Louise Ténèze (disparue en 2016) avait publié en 2004 « Les Contes merveilleux français. Recherche de leurs organisations narratives » aux éditions Maisonneuve et Larose, qui ont depuis en liquidation judiciaire. Il n’est pas facile de se procurer cet ouvrage !

 

 

 

 

 

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