En Alsace, le petit peuple des nains…

Le petit des nains, en Alsace, n’était pas présent seulement dans les mines. Il existait également des nains pasteurs :

« A côté de ces peuplades de nains mineurs vivent des nains pasteurs qui habitent les hauts plateaux des Vosges, les sommets du Hohneck, de la Schlucht et du Schneeberg, les solitudes des lacs d’Orbey et de Guebwiller, les pâturages du Champ-de-feu et du ballon de Giromagny.

Ces gnomes sont d’habiles marcaires. A l’époque où la mauvaise foi et la tromperie ne leur avaient pas encore fait fuir le contact de l’homme, ils se faisaient un plaisir d’entrer dans le chalet du fermier qu’ils avaient pris en affection, confectionnant en son absence  son beurre ou son fromage et, à son retour, ils étaient heureux de le voir contempler les produits les plus fins et les plus succulents. » (1)

Quand les bergers redescendaient à l’automne en plaine, les gnomes s’installaient dans les étables délaissées, avec leurs propres troupeaux de daims et de chevreuils. « On pouvait les apercevoir en hiver, à la clarté fantastique de la  lune, traire leurs biches et leurs daines. » (1)

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Honeck

(http://www.espritrando-reflexphotos.org/album-1872901.html)

Les nains  étaient également de précieux auxiliaires pour les paysans :

« Au moment des foins et de la moisson, leur foule grouillante sortait généralement des cavernes ; ils venaient avec leurs instruments oratoires, s’alignaient avec les faucheurs et faisait tomber dru le blé mur sous les  coups de leurs faucilles. Dans les villages du pays, presque chaque ménage avait son petit couple de nains qui prenait part à ses peines et à ses joies ; quand ils passaient le seuil de la maison, c’était toujours fête ; ils ne se retiraient pas sans laisser de beaux cadeaux à tous, jeunes ou vieux. » (2)

Une légende, située à Ferrette (Haut-Rhin), rend compte à sa manière de la rupture entre les nains et les hommes. Ces derniers étaient intrigués par les longues robes que portaient toujours les nains et qui leur cachaient les pieds. Un jour des jeunes filles répandirent du sable sur la plateforme où les nains passaient lorsqu’ils sortaient de leur grotte. Le jeunes filles se tapirent et observèrent des pieds de chèvre, ce qui les fit rire si fort que les nains les entendirent. Se sentant trahis, ils rentrèrent tout attristés au fond de la gorge et depuis ils ne se sont plus jamais montrés.

1 – Tueffed et Garnier, Récits et légendes d’Alsace, Berger-Levrault, 1884

2 – Jean Variot, d’après A. Stöber, Légendes et traditions orales d’Alsace, Crès, 1919

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